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  • Vanessa Bonnamy

Le narcissisme pathologique


On parle de plus en plus de narcissisme de nos jours. Certainement parce que dans une ère superficielle ou l’image est souvent bien plus importante que le fond, le narcissisme est en plein essor. Quelque part tout le monde a une part narcissique en lui. La cause étant que le narcissisme ou mieux dit l’égo, permet de protéger l’estime de soi. Penser que notre comportement est positif permet de nous éviter la dévalorisation ou le rabaissement. Cette fonctionnalité intérieure semble donc plutôt favorable au bon maintien d’une estime de soi saine.


Toutefois certaines personnes sont pathologiquement narcissiques. Ce qui caractérise essentiellement ces personnes, c’est que tous leurs comportements et attitudes n’ont qu’un seul et unique but : maintenir une image idéalisée de soi !


C’est la seule chose qui compte pour ces personnes et tout stratagème sera bon à adopter pourvu que cette image parfaite soit maintenue.


Le mot narcisse vient de la mythologie grecque. Fils d’une nymphe et d’un dieu, il est un chasseur particulièrement beau. Femmes et hommes sont à ses pieds. Fier et méprisant, il repousse les prétendants. L’une d’elle, appellera les dieux à son aide. Narcisse qui s’arrêtera boire l’eau d’une source, verra alors son reflet dont il tombera amoureux. La prétendante essayera de le détourner de lui-même, mais sans succès. Il se contemplera alors pendant des jours et des jours, à tel point qu’il en mourra.


Ce mythe reflète l’idée du narcissisme pathologique. L’obsession du narcissique pour lui-même est tellement profonde, qu’il n’a aucun intérêt ni empathie pour autrui. Dans ce autrui on comprend, conjoint, enfants, parents, amis, bref tous les proches.

Il est bien évident que dans le mythe il est question de l’image extérieure de narcisse.


Dans la pathologie il s’agit souvent de l’image intérieure. Les personnes pathologiquement narcissiques ne sont pas obligatoirement prétentieuses en apparence. Ces dernières peuvent être narcissiques mais sans aller jusqu’à la pathologie.


La pathologie peut se reconnaitre sous plusieurs aspects. La première étant l’incapacité de la personne à se remettre en question.

La personne est convaincue que tout ce qu’elle fait ou dit est juste. Jamais elle ne se demandera si elle a bien fait ou pas. Dans le cas où vous souhaiteriez lui faire remarquer que son comportement n’est pas adéquate, soit elle retournera l’accusation contre vous, soit elle bottera en touche comme si cela n’avait absolument aucune importance. N’oubliez pas que seule son image à elle compte !


Le deuxième aspect qu’on relève souvent c’est quand le narcissique est critiqué par autrui. Toute relation peut entrainer conflit ou différent. C’est normal. Il est aussi normal de considérer que nous pouvons être blessant et vexant même si nous ne l’avons pas fait exprès. Lorsque l’autre nous fait comprendre que nos mots ou attitudes l’ont blessé, alors le plus sain serait de s’en excuser auprès d’elle et de préciser que notre intention n’était pas celle-là.

Vous constaterez que le narcissique ne peut pas s’excuser. Toujours pour la même raison. Son image est idéalisée. Commettre une erreur, serait entachée son image et cela lui est inconcevable. C’est pour cette raison que le narcissique aura tendance à rejeter la faute sur vous. C’est vous qui prenez les choses de travers. C’est de votre faute s’il a dit ceci ou fait cela, vous l’avez poussé à bout. Ou encore c’est faux, vous mentez.


Un troisième aspect qui revient souvent, c’est le fait qui lui est impossible de s’intéresser véritablement à l’autre. Le narcissique connait les règles sociales et sait que parfois il faut porter de l’attention aux autres (quitte à faire semblant). Vous remarquerez alors, que lors d’une conversation, il est question d’un tiers ou de vous, et bien le narcissique ne pourra pas s’empêcher de tout ramener à lui. Systématiquement il rappellera une situation ou une anecdote qui le remettra au centre de la conversation. Il peut également le faire en mettant son enfant au centre ou son conjoint. Il pourrait par exemple parler fort pour attirer l’attention. Arriver en retard pour qu’on le remarque. Ou au contraire attirer la compassion de l’autre en se victimisant. D’ailleurs ce statut de victime on le retrouve souvent chez le narcissique.


La victimisation voilà un autre aspect reconnaissable. C’est une pratique qui lui permet d’attirer la compassion, l’intérêt de l’autre mais aussi de se placer sur un statut qu’on a tendance à choyer. Et surtout être victime lui permet de ne jamais être responsable de quoi que se soit. Le narcissique sera au final toujours le gentil de l’histoire.


Car oui les narcissiques ont une vision du monde assez binaire. Les gentils et les méchants. Etant donné que leur vision d’eux même est toujours positive et idéale, alors c’est forcément l’autre le méchant. Ce comportement pathologique trouve sa source dans la petite enfance. A l’âge ou l’enfant veut tout pour lui, fait des caprices, ou encore se fiche de savoir si son comportement a une répercussion sur les autres. C’est à ces âges-là, que la personnalité de l’enfant n’a pas pu évoluer. L’enfant sera bloqué dans son évolution émotionnelle. Il considèrera que ce n’est pas sa faute, que c’est l’autre qui est méchant ou qu’il s’en fiche totalement. Cet enfant qui ne peut pas faire maturer sa sphère émotionnelle, sera probablement un adulte pathologiquement narcissique. L’adulte se comportera alors comme un enfant. Un adulte dont ce n’est jamais la faute, c’est l’autre qui est mauvais ou bien il s’en fichera complètement.


Le plus difficile dans ce comportement pathologique c’est qu’il est peu probable que le narcissique puisse se soigner. Etant donné qu’il considère qu’il est « parfait » il n’a donc pas de problème et donc il n’a pas besoin de consulter.


Il peut paraitre compliqué de comprendre le narcissisme chez quelqu’un de notre entourage. On parle d’égoïsme ou de mauvaise foi. Mais parfois ça va au-delà de ces simples traits de caractère. Parfois c’est pathologique. Le blocage est profond et l’évolution presque inenvisageable. Il est alors question d’accepter que ce proche ne puisse probablement pas changer, non par manque de bonne volonté, mais simplement par incapacité intrinsèque à sa personnalité. C’est donc le deuil d’un espoir de changement à faire.

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